Col de Balme : la frontière suisse à pied, son refuge et son panorama

À la tête de la vallée de Chamonix, le col de Balme ouvre d'un coup toute la chaîne du Mont-Blanc et fait passer un pied en Suisse. Un refuge gardé, construit en 1840, y sert à manger toute la journée, une télécabine évite les deux tiers de la montée — et sur la crête voisine se cachent trois bornes frontière dont une du XVIIIe siècle que presque personne ne va voir.

Par la rédaction de vallorcine.info · Mis à jour le 5 septembre 2026 · ✓ Données vérifiées
Chalets de pierre en montagne à Vallorcine — image d'illustration

L'essentiel en bref

Où est le col de Balme

Le col marque à la fois la frontière franco-suisse et la ligne de partage entre la vallée de Chamonix et celle du Trient. C'est un col d'alpage, large et herbeux, pas un passage rocheux : d'un côté on plonge sur Argentière et le glacier du Tour, de l'autre sur la vallée suisse. Le Tour du Mont-Blanc y passe, ce qui explique le va-et-vient permanent de randonneurs en été — auxquels s'ajoutent vététistes et parapentistes.

Pour Vallorcine, c'est le voisin immédiat : la commune touche cette crête, et l'on rejoint le col depuis le village par le col des Posettes et l'arête, sans jamais redescendre dans la vallée de Chamonix.

Les accès à pied

Col de Balme — temps de montée. Source : page « Accès » du refuge du Col de Balme, re-consultée le 5 septembre 2026. Durées indicatives.
DépartPaysDuréeRemarque
Le Tour, via CharamillonFrance~1 h 40Bon sentier, le plus fréquenté
Arrivée du télésiège des AutannesFrance~10 minAprès télécabine + télésiège
Le Peuty, au-dessus de TrientSuisse~2 hEn direct, ou par les Tseppes ou les Grands (+45 min)

Depuis Vallorcine, la façon la plus élégante d'y aller est de monter par le domaine de Balme et de suivre la crête depuis le col des Posettes — c'est la même arête que celle de l'Aiguillette des Posettes, que l'on peut enchaîner dans la journée. C'est aussi l'itinéraire qui passe devant les bornes frontière décrites plus bas.

Monter en remontée mécanique

La télécabine de Vallorcine et celle de Charamillon, au Tour, desservent le même domaine de Balme. Depuis l'arrivée de Charamillon, le télésiège des Autannes puis dix minutes de marche suffisent à atteindre le col ; l'office de tourisme signale d'ailleurs que le trajet entre le haut de la télécabine et le restaurant du refuge se fait sur un sentier plat, en une trentaine de minutes de marche facile.

Télécabine de Balme – Charamillon (Le Tour) — été 2026. Source : fiche officielle de l'office de tourisme de la vallée de Chamonix, relevé du 29 août 2026. Sous réserve de météo favorable.
PériodeHorairesDernière montée A/R
11 juillet – 30 août 20268 h 30 – 17 h 3017 h 00 (dernière descente 17 h 30)
31 août – 20 septembre 20269 h 00 – 17 h 0016 h 30 (dernière descente 17 h 00)

Ce qu'il faut retenir de ce calendrier : côté Vallorcine, la télécabine s'arrête dès le 13 septembre 2026 ; côté Le Tour, Balme – Charamillon tient une semaine de plus, jusqu'au 20 septembre. Entre ces deux dates, la seule montée mécanique vers le col part donc du Tour, et non de Vallorcine. Après le 20 septembre, le col redevient une course à la journée entièrement à pied, à un moment où le refuge lui-même ferme.

Tarifs été 2026 — altitude de départ 1 514 m. Source : fiche officielle chamonix.com, relevé du 19 août 2026.
BilletAdulteEnfant (5-14 ans)
Aller simple Charamillon19,00 €16,20 €
Aller-retour Charamillon25,00 €21,30 €
Aller-retour Le Tour – Col de Balme41,50 €35,30 € (enfant/senior)
Pass famille Charamillon77,60 € (128,70 € pour la formule Le Tour – Col de Balme)

Gratuité pour les moins de 5 ans, tarif groupe à partir de 20 personnes, forfait VTT journée à 30 € (Le Tour et Vallorcine). La remontée est incluse dans le Chamonix Pass, le MONT BLANC Unlimited et, l'été, le MONT BLANC MultiPass.

Trois bornes sur la crête, dont une de 1737-1738

C'est la curiosité que l'on ne trouve dans aucun guide grand public, et elle se mérite : il faut quitter le sentier balisé et suivre la ligne de crête qui court de la Tête de Balme vers le col des Posettes. Trois bornes y matérialisent l'emplacement exact de la frontière franco-suisse.

Les bornes frontière de la crête. Source : Christine Boymond Lasserre, guide conférencière, blog « Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix », article publié le 8 octobre 2014 et mis à jour en 2023, consulté le 5 septembre 2026.
BorneDateCe qu'elle porte
Au col de Balme1891« France » d'un côté, « Suisse » de l'autre
À la Tête de Balme1891Un F et un S
Sur l'arête, au-dessus de la gare supérieure du télésiège des Esserts1737-1738Croix de Savoie couronnée d'un côté ; armes de l'évêque de Sion et sept étoiles du Valais de l'autre

Les deux bornes de granit de 1891 datent de la campagne d'abornement menée par le gouvernement français pour préciser ses contours après le rattachement de la Savoie. La troisième est d'une autre époque et d'un autre monde : dressée en 1737-1738, elle figure même sur un tableau du XVIIIe siècle.

Sur une face, on devine encore, les couleurs passées, la croix blanche sur fond rouge de la maison de Savoie, surmontée de la couronne du royaume de Sardaigne — un cercle à huit fleurons portant des diadèmes perlés qui se rejoignent au sommet par un globe et une croix. Sur l'autre face, le blason de l'évêque de Sion (une épée et une crosse sous la mitre) et, au-dessus, sept étoiles.

Ces sept étoiles racontent la géopolitique locale d'avant la Suisse moderne : le Valais était alors la république des Sept-Dizains, de 1600 à 1802, et l'évêque de Sion en était l'un des princes électifs — d'où la double représentation, l'évêque et les dizains, sur une même borne. Cette république disparaît avec l'entrée du Valais dans la Confédération en 1815 ; le canton est depuis représenté par treize étoiles. Autrement dit : à quelques mètres au-dessus d'un télésiège, une pierre continue de faire face à un royaume et à une république qui n'existent plus ni l'un ni l'autre.

Un col de passage avant d'être un col de randonnée

Le col de Balme n'a pas attendu le tourisme pour être fréquenté : c'était la voie de passage des colporteurs, des voyageurs et des pèlerins entre la vallée de Chamonix et le Valais, à une époque où aucune route ne remontait la vallée. Les présentations touristiques du col rappellent que Goethe l'a franchi lors de son passage dans la vallée en novembre 1779 ; nous reprenons cette mention telle qu'elle est publiée, sans avoir pu la recouper dans une source primaire.

La même logique de passage explique la présence d'un bâtiment ici : le refuge actuel a été construit en 1840, d'après son exploitant — soit vingt ans avant le rattachement de la Savoie à la France. À l'échelle de la vallée, c'est l'une des plus anciennes maisons d'accueil de montagne encore en service. Sa page « Histoire » annonce d'ailleurs des révélations à venir : elle n'est, au jour de notre relevé, pas encore rédigée au-delà de cette date de construction.

Ceux qui veulent refaire le trajet dans son sens historique — Martigny, la vallée du Trient, le col, Chamonix — trouveront les étapes suisses détaillées sur nos pages Trient, Martigny et Le Châtelard.

Le refuge du Col de Balme

Posé sur la frontière, le refuge accueille les marcheurs tous les jours de mi-juin à fin septembre. On peut s'y restaurer à midi — soupes traditionnelles, plats locaux, desserts maison — ou y dormir en dortoir. Quelques particularités à connaître avant de réserver :

Refuge du Col de Balme — informations pratiques. Source : site officiel du refuge, re-consulté le 5 septembre 2026 (données inchangées depuis notre relevé du 19 août).
PointDétail
BâtimentConstruit en 1840
SaisonTous les jours de mi-juin à fin septembre
Demi-pension62 CHF (62 €), taxes comprises — dîner, nuit, petit-déjeuner
CouchageDortoirs avec couettes et oreillers, sac à viande obligatoire
Eau chaudeÉlectricité décarbonée : douche chaude seulement s'il y a du soleil
PaiementCarte bancaire acceptée, en francs suisses
RestaurationToute la journée : soupes, plats locaux, desserts maison, boissons chaudes et fraîches
RéservationPar le site du refuge ou au +33 6 07 06 16 30 — pique-nique du lendemain à commander le soir en arrivant

Deux conséquences pratiques de cette fiche. D'abord, le refuge tient la table la plus haute du secteur pendant la saison : c'est le seul endroit où l'on mange chaud entre Le Tour et Trient, et cela vaut aussi pour les marcheurs du Tour du Mont-Blanc qui ne comptaient s'arrêter qu'à l'étape. Ensuite, la douche chaude dépendant du soleil de la journée, une nuit ici en fin de saison, par temps couvert, se prépare en conséquence.

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Le col en hiver

La saison d'été terminée, le refuge ferme et le col change de nature : il se retrouve au sommet du domaine skiable de Balme, partagé entre Le Tour et Vallorcine, annoncé ouvert du 12 décembre 2026 au 11 avril 2027 sous réserve d'enneigement. C'est le même domaine que dessert la télécabine de Vallorcine, ce qui fait de la commune l'un des deux accès au secteur — l'autre étant Le Tour. Pour du ski plus familial et sans forfait de grand domaine, le village dispose par ailleurs de son propre téléski, la Poya.

Entre les deux saisons — fin septembre à début décembre, puis mi-avril à mi-juin — il n'y a ni remontée, ni refuge, ni service : le col se gagne à pied, et c'est probablement la période où l'on y est le plus tranquille.

Dormir avant ou après la course

Le col se fait à la journée depuis Vallorcine, mais la nuit au refuge est un classique du Tour du Mont-Blanc. Si vous préférez dormir au village avant de monter, nous avons recensé l'ensemble des hébergements de la commune — hôtel, résidences, refuges, camping — avec la taxe de séjour officielle et le calendrier de tension, sur notre page où dormir à Vallorcine. Le train et la télécabine partant du même point du village, la course se fait sans voiture : voir comment venir à Vallorcine.

Randonnées voisines

Le col se combine naturellement avec l'Aiguillette des Posettes, sur la même arête, et se prolonge côté suisse vers Trient — l'étape suivante du Tour du Mont-Blanc. Depuis Vallorcine, les autres grandes journées de marche sont le refuge de Loriaz et le refuge de la Pierre à Bérard. Voir aussi : toutes les randonnées à Vallorcine.

Questions fréquentes

Quelle est l'altitude du col de Balme ?

Le col est le plus souvent donné à 2 191 m. Le refuge, situé juste au col, indique pour sa part 2 204 m sur son site officiel. L'écart tient au point de mesure retenu.

Peut-on manger au col de Balme ?

Oui : le refuge du Col de Balme sert à manger toute la journée de mi-juin à fin septembre (soupes, plats locaux, desserts maison, boissons). Le paiement par carte se fait en francs suisses.

De quand date le refuge du col de Balme ?

De 1840, d'après son exploitant — soit vingt ans avant le rattachement de la Savoie à la France. C'est l'une des plus anciennes maisons d'accueil de montagne encore en service dans la vallée.

Faut-il un passeport pour passer en Suisse au col ?

Le col est une frontière ouverte sur un sentier de montagne, sans poste-frontière. Une pièce d'identité valide reste néanmoins recommandée dès lors que l'on franchit la frontière, y compris à pied.

Où voir les bornes frontière ?

Une borne de 1891 est au col même (« France » / « Suisse »), une autre à la Tête de Balme (F et S). La borne rare de 1737-1738 se trouve sur la ligne de crête entre la Tête de Balme et le col des Posettes, juste au-dessus de la gare supérieure du télésiège des Esserts, à côté d'une borne classique de 1891.

Jusqu'à quand les remontées fonctionnent-elles vers le col ?

En 2026, la télécabine de Vallorcine s'arrête le 13 septembre et celle de Balme – Charamillon, au Tour, le 20 septembre (9 h – 17 h, dernière montée aller-retour à 16 h 30). Ensuite, le col se gagne uniquement à pied.

Peut-on monter au col de Balme depuis Vallorcine ?

Oui, par le domaine de Balme puis la crête depuis le col des Posettes, sans redescendre dans la vallée de Chamonix. C'est l'itinéraire qui permet d'enchaîner l'Aiguillette des Posettes et le col dans la même journée.

Plus haut sur le même versant

La télécabine de Charamillon dessert aussi le départ de la montée au refuge Albert 1er (2 707 m), au-dessus du glacier du Tour. Même point de départ, tout autre engagement : 1 250 m de dénivelé et 3 h de montée depuis le parking, contre 1 h 40 pour le col.

Sources et vérification — données re-sourcées le 5 septembre 2026 :
  1. Accès, altitude, saison, tarifs, conditions et date de construction (1840) du refuge — site officiel du refuge du Col de Balme et sa page « Histoire »
  2. Bornes frontière de 1891 et borne de 1737-1738, armoiries et république des Sept-Dizains — Christine Boymond Lasserre, « Belle surprise près du Col de Balme : une borne du XVIIIe siècle », blog Histoire et patrimoine de la vallée de Chamonix (8 octobre 2014, mis à jour en 2023)
  3. Horaires, tarifs, altitude de départ et dates de fin de saison des remontées — fiche officielle Balme – Charamillon, office de tourisme de la vallée de Chamonix-Mont-Blanc
  4. Passage historique du col et mention de Goethe (novembre 1779) — présentations touristiques du col de Balme ; mention reprise telle que publiée, non recoupée dans une source primaire

Horaires de remontées et dates de gardiennage sont susceptibles de changer ; ils fonctionnent sous réserve de météo favorable. Vérifiez avant de partir.